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"Yann dépassait un peu trop les proportions ordinaires des hommes, surtout par sa carrure qui était droite, comme une barre; quand il se présentait de face, les muscles de ses épaules, dessinés sous son tricot kaki, formaient comme deux boules en haut de ses bras. Il avait de grands yeux bruns très mobiles, à l’expression sauvage et superbe. […]
Ses dents, qui avaient eu chez lui plus de place pour s’arranger que chez les autres hommes, étaient un peu espacées et semblaient toutes petites. Ses moustaches blondes étaient assez courtes, bien que jamais coupées ; elles étaient frisées très serré en deux petits rouleaux symétriques de ses lèvres qui avaient des contours fins et exquis ; et puis elles s’ébouriffaient aux deux bouts, de chaque côté des coins profonds de sa bouche."
Nostalgie d’Oriane (feutre bleu marine) : comment ne pas me souvenir de Yann qui était un des gardes du corps d’élite du Général et qui, pour cette raison, l’accompagnait partout. J’en fus éperdument amoureuse et il faisait l’amour comme personne. C’était un peu compliqué, à cause du Général, mais la satisfaction du désir n’a pas de prix. Sa mort, dans un accident de voiture en montagne, m’a beaucoup chagrinée.
Note du copiste : Oriane prétend écrire un roman, pourtant il n’y a presque jamais d’action dans les fragments qui doivent théoriquement lui servir de support de texte. A peine quelques évocations comme ici l’accident de voiture d’un de ses amants. mais sur ce point, les carnets n’en disent pas davantage. A nous d’imaginer…
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